Partager l'article ! Tyrannosaur: Le débat réactionnaire versus progressiste qui semble accaparer l'intelligentsia critique quant à Tyrannosaur n'es ...
Le débat réactionnaire versus progressiste
qui semble accaparer l'intelligentsia critique quant à Tyrannosaur n'est pas intéressant, mais surtout, à côté de la plaque. Quand on arrêtera en vain de chercher si le réalisateur a disséminé
quelques symboles nazis dans son film, ou autres indices racistes, on pourra peut être s'intéresser à ce qu'il nous montre vraiment. Car à trop décentrer le débat on en vient à ne plus parler du
film, à se contenter de déterminer pathétiquement des répercussions qu'il n'engendrera pas.
De loin, avec son titre aguicheur et son
label "film choc" — je commence à me méfier, à raison — Tyrannosaur avait tout pour prétendre à la bonne surprise du premier tiers de l'année, mais en fait non. La structure du film est des plus
épuisées, deux êtres à la dérive vont se rencontrer, partir du mauvais pied mais apprendre à se connaître pour, petit à petit, rentrer dans la vie de l'autre. On échappe pas non plus au gosse,
thermomètre émotionnel ou chauffeur de théâtre inversé, avec son petit panneau "Pleurez". Le tout reste buvable car la prestation du duo d'acteurs est tout à fait appréciable, mais voir le film
décrit comme "choc", ou pire encore, "subversif" a de quoi faire sourire. On aimerait y croire, on aimerait que ça nous parle, mais c'est sans compter cette manie agaçante — qui n'est
malheureusement pas l'apanage de ce seul film — de toujours vouloir provoquer les effets, les émotions quand on doute qu'ils puissent venir d'eux mêmes.
Si tout le cinéma britannique de ces vingt dernières années ne s'était pas évertué à dépeindre la fracture sociale et raciale d'un pays en proie à la violence, désespéré jusque
dans ces gris patelins, on pourrait à la rigueur s'étonner, s'interroger, s'indigner devant Tyrannosaur... Mais quand tout a déjà été dit, on se demande l'intérêt de celui qui ne peut montrer
mieux.
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En revanche et concrètement, énième opus de ce cinéma "trash social", plus tout à fait social et au trash désuet, post-Thatcher et assez inintéressant dans le fond. A moins de s'identifier très fortement aux personnages, on a tout le temps de compter les points (pour ceux qui aiment disserter sur l'emploi de la lumière, c'est probablement un beau support) et les minutes.
En fait, avant d'écrire la critique j'ai lu un peu l'avis de la presse, majoritairement favorable au film, et j'ai aussi lu certaines critiques qui évoquaient le sous-texte agressif et élogieux prônant l'autodéfense. Des trucs débiles du genre.