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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 12:47

tintin-spielberg9.jpg

Pour quelqu'un qui n'est pas fan absolu d'Hergé, l'adaptation de son Tintin avait quand même de quoi laisser dubitatif, et cela même s'il y a du bon monde aux manettes. La plus grande crainte concernait la motion-capture, qu'on pouvait interpréter comme une absence de choix entre le dessin animé 2D et  le film avec des acteurs en chair et en os. Ensuite adapter Tintin relève de la prouesse, car au delà d'une gamme de personnages variés, c'est tout un esprit Hergé dont il est question. Une finesse d'écriture traduisant aussi bien un amour de la variété culturelle du monde qu'une compréhension des enjeux internationaux qu'il s'amuse à entrevoir localement au gré des voyages de Tintin (URSS, Tibet, etc.). Bref, Hergé est un dessinateur géopolitiquement brillant, recommandé par les profs d'histoire et tout et tout.

 

Spielberg allait donc au devant de gros danger en adaptant Tintin, puisque au delà d'un défi graphique qui n'était pas gagné d'avance, il s'agissait pour le réalisateur de trouver l'équilibre entre le créatif et le respect de l’œuvre originale. Ce Tintin est donc une réussite sur tous les plans ou presque... Il balaie d'un revers les critiques qu'on élaborait d'avance sur la laideur des graphismes, mais là où il est le plus génial, n'en déplaisent aux puristes qui auraient crié de toutes manières au sacrilège sans chercher à comprendre, c'est dans ses choix d'adaptation. Quand j'entends crier au scandale, j'ai presque envie de rire devant ce déballage de mauvaise foi caractérisée car comment imaginer meilleure adaptation que celle que nous donne Spielberg ? Fidèle mais libre, librement fidèle, ou encore fidèlement libre, Spielby nous tourne un Tintin sauce Indiana Jones, la houpette en plus, le fouet en moins (peut être pour le prochain s'il y a Thcang, parce qu'on sait que quand Milou à le dos tourné, enfin bon...). Car si on peut jaser sur les choix scénaristique, sur les libertés qu'il s'accorde, prendre ses distances sera toujours le bon choix malgré qu'il suscitera toujours les reproches.

On y retrouve toute la subtilité des bandes dessinées, dans l'humour de second plan notamment, à laquelle Speilberg à su conjuguer un dynamisme increvable et réjouissant. La course poursuite dans Bagghar restera le moment marquant du film, excepté peut être la petite touche nostalgique d'hommage au dessinateur au tout début. La fluidité des enchainements tout comme leur vitesse, contributions indéniable du réalisateur, effaceront d'un trait les quelques facilités du scénario et les caractères des personnages, moins bien travaillés que l'univers dans son ensemble. Tant pis pour ce qui resteront à l’écart de ce Tintin et refuseront d'y voir toute la matière et l'élégance qu'il y a là.

Spielberg vantait Hergé pour sa manière de mettre du mouvement dans les cases d'une bande dessiné, aujourd'hui on peut vanter Spielberg d'avoir perpétuer cette science du mouvement, mais on ne le remerciera que trop peu pour y avoir ajouter de la vie et du cœur, pour avoir donné à Tintin l'adaptation cinématographique qu'il méritait.

4étoiles

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Published by Ben - dans Critique
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commentaires

Marjolaine 15/11/2011 13:09


En très grande fan de la Bande Dessinée originale, mais de films d'animation en général, on peut dire que l'adaptation en motion capture est malgré tout une très belle réussite, et on arrive à
rentrer dans ce réalisme spielbergien qui restera fidèle aux caricatures de Hergé.

Par contre, j'ai été très déçue de ne pas apercevoir le professeur Tournesol et son sous-marin-requin, personnage clé pour résoudre le secret de la licorne... Un tome entier a été rayé, pour
laisser place à ces scènes de combat (de grues?!) qui n'ont rien à apporter, finalement... :)

En dehors de ça, j'ai été charmée et très enthousiaste quant aux personnages restés classiques et fidèles à la BD. :)

Merci pour cet article


Ben 15/11/2011 18:50



C'est vrai que beaucoup, comme toi, font mention de la non apparition de Tournesol. A vrai dire je n'avais plus du tout les BD en tête, peut être aurais je été gêné si ça avait été le cas... Mais
là non, que du bonheur !



fredastair 11/11/2011 11:04


Ben alors elle est très bien cette critique ! ;-) D'accord avec tout ce que tu dis, sauf peut-être la déclaration d'amour hergienne du premier paragraphe (j'ai jamais été emballé par la BD moué).
Recommandé par les profs d'Histoire, heeeu, ça dépend lesquels - notamment celui qui se passe dans un certain pays d'Afrique...

Sinon, effectivement, Spielberg balaie les quelques défauts de l'adaptation par son art du mouvement et sa virtuosité absolus. Un Grand Huit hautement jouissif, qu'il faudrait revoir plusieurs fois
pour en saisir toute la richesse graphique. Et une bagarre à Bagghar déjà kulte.


Ben 12/11/2011 15:33



Pas non plus fan de la BD comme je le dis, mais le clin d'oeil est sympathique comme tout.


Mais je t'assure que Tintin est recommandé par les profs, non pas seulement pour le regard d'Hergé mais justement parce qu'il rend compte d'un esprit : Tintin au Congo est intéressant à lire car
ils témoignent d'évidences d'époque qui apparaissent très choquantes aujourd'hui mais qui n'en avaient rien à l'époque. C'est donc aussi tout aussi intéressant, même si la BD n'est pas bonne par
ailleurs.



copa738 08/11/2011 18:31


Allusion à la sexualité de Tintin : fait ! (même si je pense que Tintin, avant de rencontrer Tchang, avait des vues sur Milou, m'enfin :D)
Je suis d'accord avec toi dans l'ensemble, j'ai tout de même, été déçu par tout ce qui est plus littéraire (dialogues, etc). Ca reste un peu trop enfantin pour du Spielberg quand même...


Ben 12/11/2011 15:31



Oh mais Spielberg à y regarder de près c'est assez enfantin, mais là sans doute plus, ça ne m'a pas gêné cependant.



Zic-mu


 

 

 
 

 

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