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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 18:52

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Fallait il s'attendre à mieux, fallait-il craindre pire ? Autant le dire de suite, The Artist n'est pas le chef d'oeuvre annoncé un peu à tord et à travers par la presse et les cannais du dimanche. C'est dommage car il aurait pu l'être, quelques idées brillantes ( dont une scène que je me retiens de vous décrire, mais bordel de Dieu de merde ! ), cependant trop rares dans un film qui noie sa créativité dans ses hommages. Clins d'oeil trop évidents et du même coup superficiels, le film a du mal à exister par lui même, progresse en dents de scie, entre style emprunté et bonnes trouvailles. Sur le fond, c'est très classique, pas vraiment intéressant, bref, sur le déclin, la déchéance on a vu mieux. Classique et contestable aussi.

 

The Artist est une histoire de dépression, celle d'un pays à l'horizon d'une crise économique sans précédent et parallèlement, celle d'un homme qui refuse les progrès permis par la technique. Si on est pas trop con on arrive à filer soi même la métaphore, si on arrive à faire le lien on comprend la morale un peu douteuse du film : le progrès nécessite des crises qui imposent des sacrifices, mais une fois surmontés, on repart de l'avant, on ressort plus fort, etc. Théorème hautement scientifique car vérifié au jour le jour actuellement ( ... ), Hazanavicius va encore plus loin en prouvant qu'on peut faire du neuf avec du vieux. Déjà c'est le concept même de son film, mais son personnage, Georges Valentin, dénigrant l'évolution du cinéma vers le parlant, va lui aussi se reconvertir dans une profession d'avenir : les claquettes ! Oui mesdames et messieurs, les claquettes. Jean Dujardin incarne avec justesse son personnage mais il faut l'avouer difficile de ne pas lire sous ses regards et ses rires, les traits de notre agent secret préféré... S'il s'en sort plutôt bien, il faut par contre louer la prestation du chien, qui a mérité sa Palm Dog à Cannes, volant la vedette à son maître d'un film [ici devait se trouver une blague sur Bérénice Béjo, malheureusement, la SPA et le CSA ont refusé sa publication].


The Artist sait jouer avec ses effets et parvient tant bien que mal à jouer de lui même. C'est à dire que c'est un film rétrospectif qui ne cache pas sa rétrospectivité. Ce n'est pas qu'une fiction historique, il joue et s'amuse du décalage entre ces deux mondes de cinémas, entre ces deux mondes tout court, celui de la fin des années 20 et le notre. Ceci donne justement un grand moment dans la scène que je me refuse à raconter (bien qu'à force d'en parler j'ai limite envie de cracher le morceau mais je ne le ferai pas car mon intégrité est en jeu point à la ligne fermez les guillemets). Inégal donc, balancé entre inspirations géniales et moments creux, The Artist est de ces films qui ne laissent pas indifférent lors du visionnage mais qui peinent à rester en mémoire. Œuvres qui prennent un coup de vieux en peu de temps, mais cette fois ci un vrai, pas ceux silencieux et délicieux d'un bel éclat noir et blanc.

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Published by BenLCDC - dans Critique
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commentaires

fredastair 25/10/2011 14:19


Ah mais non, je vais pas lâcher le morceau ! Ouais, bon, c'est sûr que c'est pas la fin de "Drive" :P Sans rire, j'ai trouvé ça très beau et très malin de la part d'Hazanavicius, pas naïf pour un
sou, mais au contraire bien réfléchi. Et puis, rien ne nous dit que Bejo va abandonner sa carrière dans le parlant pour autant... Et même si elle le fait, il y aurait 2 raisons valables : l'amour
d'abord (ben oui...) et le succès ensuite (c'est évident que ça va cartonner, Goodman est aux anges, et l'Histoire du ciné leur donnera raison).

Et puis merde, c'est du cinéma, quoi... ^^ tu ne t'es pas laissé emporter par le panache de cette danse, de ce tourbillons de claquettes et de musique ? Ça pétille !


Ben 28/10/2011 11:13



Les claquettes c'était classe mais remis dans le contexte du film, c'est gna gnan :)



fredastair 24/10/2011 15:26


Je relis ta critique après visionnage du film et ça me confirme : t'as un peu craqué sur l'interprétation du final, qui est loin d'être aussi univoque ! Valentin fait forcément un sacrifice ne se
mettant aux claquettes, mais est loin de perdre son intégrité, de faire la p*** pour coller aux exigences du public moderne : il trouve un compromis parfait entre ce qu'il faisait avant (un jeu
très physique) et ce que la modernité exige de lui (faut que ça bouge, faut que ça claque !). En gros, c'est la position du film lui-même : ni ringard, désuet, pile poil dans l'air du temps tout en
reconnaissant son allégeance aux modèles du passé, avec beaucoup de respect.

Un film délicieux, même si je concède quelques longueurs en milieu de parcours et son côté plus dramatique que comique, qui a pu détonner avec ton amour des "OSS". Tu en attendais peut-être trop ?
Et sinon, n'y a-t-il personne pour défendre le film ici ??? ^^


Ben 25/10/2011 13:48



Cette fin est vraiment grotesque, ce compromis est vriament d'une naïveté sans fin. le mec va se reconvertir dans les claquettes, et la meuf elle est d'accord pour abandonner sa carrière et le
producteur est chaud pour se lancer là dedans alors qu'il avait chopper le filon du cinéma parlant la veille... Vraiment on aurait pu avoir une fin géniale quoique pessimiste mais plus
intelligente que ce bric à brac candide.



Wilyrah 13/10/2011 11:30


Et je deviens fan de ton blog sur FB.


Wilyrah 03/10/2011 22:57


Ah tu es toulousain ? Tu marques beaucoup de points. Tu aimes Refn, Breaking Bad et tu vis dans la plus belle ville française, j'aime :)

Et AvP lundi prochain à la Défense, je vais y courir ^^


Ben 30/09/2011 19:44


D'accord je vois le style, j'adore Refn et je ne vois pas comment il pourrait me décevoir vu les avis qui ressorte !
Mon Ap était à Toulouse, mystère résolu !


Zic-mu


 

 

 
 

 

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