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27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 18:14

Employant les ressorts de la maison de la mort pour construire un récit sur l'existence, les choix, Darabont s'attaque à une histoire bien étrange car elle mêle la plus stricte des réalité : l'Homme est mortel, à des prouesses fantastiques rendant impossible toutes hypothèses quant à l'issue de ce drame. Mais la force du film, et son intérêt d'ailleurs, est que le fantastique ne prend jamais le pas sur l'humain, et c'est bien un film sur l'être humain, les ignominies qui s'y déroulent sont de leur fait, les injustices aussi, quand la sagesse du dénouement viendra elle du fantastique. Une vision pessimiste de l'homme alors ? Oui mais dans une certaine mesure elle permet aussi de réfléchir plus en profondeur sur la diversité des êtres humains, ainsi le film sera fait de la confrontation des idéaux, que chaque personnage représente de façon un peu trop caricaturale peut être, un nœud essentiel du film, une représentation assez binaire du Bien et du Mal qu'évoque la balance de la justice, la prison puis la mort. La Ligne Verte combat donc les solutions radicales et expéditives de l'homme mais surtout son manque d'écoute et d'ouverture, et condamne le renfermement qui conduit aux incompréhensions et aux écarts que l'on peut observer entre un condamné à mort que l'on vient à admirer bien plus que le geôlier fourbe qu'on déteste. Par cette habile inversion des affects, on en vient à comprendre facilement le message d'amour et de tolérance que le film véhicule à travers le personnage mesuré à un degré invraisemblable de Tom Hanks, toujours droit et juste. Un film qui donc déborde d'humanité, de bon sens, et qui, certains trouveront que c'est ce qui en fait un chef d'œuvre, tombe dans un pathos, certes bouleversant, mais qui utilise avec trop d'opportunité des tempéraments uniforme, trop déliés de toutes complexités pour apparaître réalistes. Néanmoins, remettons les choses à leurs places, la scène de la dernière mise à mort est d'une intensité émotionnelle rarement atteinte au cinéma, et porté par une musique qui colle bien le film vous décrochera surement certaines larmes. La Ligne Verte pêche peut être par son souhait de toucher les sentiments à tout prix, avant la raison, mais le film reste tout de même d'une grande maîtrise artistique et offre un bon moment de cinéma.


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Published by BenLCDC - dans Critique
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commentaires

COSTA 28/02/2011 15:00

Je le trouve fantastique moi personellement. A voir et a Revoir

Sandie 18/01/2011 23:17

Assommée par deux films en deux jours, surtout par celui-ci. Je viens de le voir, j'en reste bouleversée, et sans mot.

million dollars baby 02/11/2010 12:02

C'est pas vraiment un manque de réalisme c'est plutôt que les personnages représentent trop un caractère, une attitude prédéfinie, et cela nuit à faire d'eux des personnages ayant de la profondeur, et une certaine complexité.

Après je ne dit pas que le film est mauvais, au contraire, mais je trouve qu'il pêche par cette volonté de faire pleurer plutôt que de raisonné.

Mais je comprend tout à fait que ce film soit connu comme un chef d'œuvre, car il a tout pour plaire. Seulement c'est que certains points m'ont déçus.

copa738 02/11/2010 09:25

Tout simplement l'un de mes films préférés. Tout simplement magique et émouvant. Tout simplement...
Attend, j'ai cru voir que "La ligne verte" manquait de réalisme et essayait de trop faire passer de l'émotion.
Je ne vois rien de cela (désolé si on est pas d'accord), je trouve que l'émotion produite par le film est uniquement due à des personnages attachants (John Caffé qui a peur du noir, ses pouvoirs fantastiques, son pseudo-meurtre), à des images choques (mort d'Ed) et surtout par une réalisation exceptionnelle (comme tu l'as si bien dit : la scène finale dégage une sorte d'électromaniétisme inexpliquable qui hérisse les poils et glace le sang).
On est globalement d'accord, mais le fait que tu dises qu'il y a un manque cruel de réalisme, ça je n'approuve en aucun cas : on s'y croirait dans cette prison (on déteste Percy, on a pitié de John, on a mal au bout du gland en voyant Paul "pisser des lames de rasoirs" : tout cela est un mélange d'émotions anodines qui nous plonge au coeur d'une histoire touchante).
La plus belle adaptation d'un livre de King !

Zic-mu


 

 

 
 

 

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