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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 12:09

Si l’on devait citer une personnalité marquante du cinéma US des années 90, ce serait certainement Quentin. Je me permets de l’appeler par son prénom, non pas que je le connaisse personnellement ou pour faire branchouille, mais parce que c’est le genre de type qu’on voudrait avoir comme pote.

Apôtre de la coolitude, il pratique un cinéma populaire truffé de références et d’hommages aux œuvres du 7ème art dans une approche très personnelle. Car c’est un cinéphile passionné, capable de regarder en boucle tous les films de la nouvelle vague ou encore le coffret dvd des plus beaux joyaux du cinéma asiatique des années 70 (si tenté qu’il existe). Comme réalisateur, il est très exigeant et bosseur malgré sa dégaine nonchalante et son air “no prise de tête”. Un vrai self made man comme les américains les aiment, qui a commencé tout en bas de la hiérarchie comme projectionniste dans un cinéma porno. C’est peut être de là que lui vient son goût pour le trash et la violence stylisée. Car attention aux spectateurs émotifs, c’est un cinéma d’hémoglobine qui parvient à nous faire sourire même quand un personnage se fait éclater la cervelle à bout portant à cause d’un tir involontaire.

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L’humour est toujours présent, comme pour faire passer la pilule. Il est noir, comme la couleur de peau de beaucoup des héros de Tarantino qui se place en héritier direct de la Blaxpoitation, ce courant du cinéma US des seventies qui mettait en valeur les afro américains alors cantonnés aux rôles secondaires. Jusque la, rien de bien original me direz vous. Beaucoup de films d’horreur de série B fonctionnent sur cette formule, avec les moyens en moins toutefois. Ce qui va distinguer les films de Quentin, c’est surtout la narration. A l’inverse du schéma classique mise en place du récit-lutte du héros pour atteindre ses objectifs-résolution, la linéarité est éclatée avec une certaine jouissance. A tel point qu’il est parfois nécessaire de demander à son voisin spectateur quelles scènes représentent le passé ou le présent, avec le risque de se voir répondre un bon gros “Chuuuuut !”.

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Ses deux premiers films, Reservoir Dogs (1992) et Pulp Fiction (1994), sont les exemples typiques de ce « sac de nœuds » narratif. Dans le premier, on passe d’un flash-back à l’autre sans prévenir sur une bande de braqueurs en fuite qui vient se planquer dans un entrepôt. L’organisation du hold-up n’est ainsi montrée que plus tard dans le film, et son déroulement n’apparaît même pas à l’écran. En ce qui concerne “Pulp Fiction”, mieux vaut être attentif et ne pas faire de pause pipi. Déjà, les héros changent au milieu de l’histoire comme si Tarantino se lassait d’eux en en faisant mourir un prématurément par arme à feu alors qu’il venait de faire cette malheureuse pause. Mais ça n’est pas pour autant qu’on ne le voit plus par la suite, grâce à la magie de la non-linéarité qui émancipe l’histoire de la contrainte temporelle. Beaucoup de flash-blacks aussi ici….Enfin bref, le scénario aurait été assez banal sans ce procédé, même si les répliques seraient quand même devenues cultes grâce à la totale absurdité des situations qui voient par exemple les deux protagonistes débattre sur le caractère érotique du massage des pieds alors qu’ils sont en route pour un meurtre..

Un des ressorts de la comédie est de traiter avec légèreté des sujets sérieux, et avec sérieux des sujets légers. Ce chef de file du ciné indé l’a bien compris, pour notre plus grand plaisir !

Merci Quentin !

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Published by Ben
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