Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 11:49
Le général Jack Ripper, qui croit à une pollution des fluides corporels américains par l'Urss, envoie ses bombardiers sur leurs cibles aux grands damnes du président des USA.

 Aujourd'hui au programme : Monument du cinéma d'après guerre, Folamour est peut être même une des plus virulentes satires de l'histoire de l'art. Pourquoi ?

 Parce que le film sort en 1963, pour remettre dans le contexte, époque de Détente certes, mais de vives tensions se poursuivent et la course aux armements continue par le biais du Téléphone Rouge ( pièce très importante du film ).
L'œuvre est colossale car tout le monde en prend pour son grade, du général au président des USA, à l'ambassadeur  et "président" de l'Urss. Les personnages, aux traits volontairement grossiers et caricaturés, sont transcendés par des acteurs hilarants, Georges C. Scott est tout bonnement fantastique. Mais plus qu'un film de grands rôles Docteur Folamour est un violent pamphlet contre la guerre oui, mais contre la nature de l'homme Sterling Hayden et Peter Sellers. Action Cinémas / Théâtre du Templeplus certainement.

"...Stop Worrying and Love the Bomb"
 
 Un homme soumis à sa technique, qu'il a poussée tellement loin que tout contrôle lui échappe, dans le film les hommes que ce soit dans l'avion ou dans la salle de guerre, sont totalement dépendant et dépassés par la technique qu'ils ont mis en place et même plus : ils sont conditionnés à leur technique ne vivent que par elle et que pour elle, l'obsession pour l'objet démentiel qu'est la bombe en est une preuve. cela se concrétise surtout avec l'arme fatale de l'Urss qui démontre une caricature ( pas si loin de la réalité finalement ) de la Bombe H poussée jusqu'à une arme totale, ultime capable de tout détruire, cette arme serait le symbole de la capacité d'innovation humaine qui croit se protéger en pouvant détruire plus que l'autre, c'est bien là l'illusion d'une technique protectrice ( indiquer par le titre Love the Bomb ). Oui car l'Homme n'aspire qu'a assouvir ses passions, guerrières le plus souvent ici, et on voit l'attirance évidente de l'Homme pour la destruction et/ou la soif de vaincre de supériorité : le paroxysme est atteint quand on voit Docteur Folamour émettre la possibilité d'un enfermement des hommes survivant de l' Arme fatale dans des mines, et là le général américains n'a d'autre inquiètude que de savoir qui aura le plus de capacité militaire à la sortie dans une centaine d'année.

"Mein Führer I can Walk"

Aussi le film à cela pour lui qu'il n'oublie aucun point du conflit, ainsi le Doc s'il apparaît finalement très peu est une pièce centrale, maîtresse du film qui porte son nom. Un ancien nazi au vue de son comportement, de son accent, qui insiste sur la mauvaise foi américaine qui après avoir combattu les nazis se servent d'eux pour avoir des information sur l'URSS. Le Docteur Folamour aussi est un état des lieux à lui tout seul de l'Allemagne post-Hitlérienne, endoctriné ( le salut, l'appellation Führer ), ravagé car Folamour est en fauteuil, symbole d'une Allemagne détruite, mais qui se relève grâce aux américain : le fameux " Mein Führer, I can Walk ".

Peter Sellers. Action Cinémas / Théâtre du TempleAutres que le Docteur Folamour, les autres personnages sont tout aussi dérisoire et infantile, les conversations des Présidents sont tellement amicales qu'elles en deviennent ridicules mêmes si les sujets évoqués sont de la gravité la plus extrêmes, on peut y voir le paradoxe de la coexistence pacifique dans toute sa splendeur : ne pas vouloir vexer l'autre, le détester intimement mais rester correct en apparence.Les conversations téléphoniques sont donc remplis d'incohérence et de contradiction qui discréditent l'importance de ceux ci, dans un conflit dépassant le simple cadre des relations inter-présidentielles. D'ailleurs la ressemblance d'un gentil président des Usa avec le président Truman peut rappeler le certain malaise Américain après Hiroshima et Nagasaki lachées sous la présidence Truman. Aussi cette façon de ne pas montrer ou nommer (à part l'ambassadeur et le président au téléphone) les communistes est une caractéristique de Truman qui employé le terme " l'Autre "... Tout les symboles forts et caractéristiques de la Guerre Froide sont donc démonter et mis à nus, même le Téléphone Rouge, presque mythique est un simple objet inutile, puisque le président des USA à la possibilité de téléphoner directement en Russie par une ligne classique, même la bombe semble être un lot commun, tant on s'habitue à vivre dans le danger ( " Stop Worrying " évoque ce changement de comportement ).
 Les disputes entre le général Turgidson et l'ambassadeur de l'URSS ( d'une étrange ressemblance avec Khrouchtchev ) qui sont moins réserver que leurs présidents respectifs tels deux enfants qui ne savent pas vraiment ce qu'il veulent et qui ont le monde comme terrain de jeu sont bien à l'image du conflit de guerre froide. Kubrick se moque du conflit lui même, de ses origines ( pollution des fluides corporels : argument en bois ) et de ses conséquences notamment quand le général Ripper parle d'une entrée dans une " Guerre Chaude ". Ainsi seul le Britannique Mandrek semble étrangement lucide, peut être pour montrer où est la norme quand tout le monde est dans l'excès, en effet les autres ne font qu'obéir aux ordres, aussi incohérents et déraisonnables soient-ils.
   Un film qui condamne qui dénoncent endoctrinement propagnadiste des deux blocs : le soldat Guano, Français très pragmatique, qui est complètement dépassé par les évènements et qui sous le joug américain se révèle, un fervant garant de la pérénité des Firmes américaines. Docteur Folamour dénonce aussi les pulsions de morts humaines et il y a en effet dans certains personnages une certaine jubilation à l'idée de voir éclater un conflit nucléaire, cela n'est pas sans rappeler l'état d'esprit du général MacArthur qui souhaiter littéralement rasée la Corée de la carte, certains de ses traits de caractère se retrouvent chez Turgidson quand il vante le professionnalisme de ses pilotes ou encore plus bien sur chez Jack Ripper ( comprenait Jack l'Evantreur ). Ces pulsions humaines sont à plusieurs reprises évoquées et dénoncées par métaphore sexuelle sur des objets, symbole, encore une fois, que la technique prend le pas sur la nature. Bref il semble que le film soient en tout point la meilleure satire d'une société au bord du gouffre, et profite du contexte de Guerre froide pour accuser les aspirations humaines.

 Comment traité un sujet d'une telle gravité autrement que par l'humour ? C'est pourquoi Kubrick mêle, dans une dernière scène d'anthologie, le beau et l'effroi dans une cueillette aux champignons atomiques de toutes beauté en parfaite antithèse avec la destruction causée par les explosions. Il semblerait bien que la Bombe Folamour, oeuvre concise et précise touche sa cible, et en plein cœur.




Partager cet article

Repost 0
Published by BenLCDC - dans Critique
commenter cet article

commentaires

research thesis paper 29/03/2011 13:13

research thesis paperOnline sources of information such as articles, essays and blogs are the best ways to acquire relevant information.

Persuasive Essay Writing 17/01/2011 13:31

I liked this post very much as it has helped me a lot in my research and is quite interesting as well. Thank you for sharing this information with us.

Zic-mu


 

 

 
 

 

Recherche