Vendredi 10 juin
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/06
/Juin
21:16

Après plusieurs éloges, toutes personnes confondues,
du professeur d'histoire consciencieux à l'adolescent moyen, du "
magistral " au " kiffant ", l'unanimité autour de ce film semblait
complètement inaltérable. Aussi, quelle était pas ma honte de ne pas
avoir vu ce film pour l'histoire, pour la mémoire, ce brulot contre la
haine, cet hymne à la vie. Et tu parles d'un cinéphile, le novice pour
qui Polanski, c'est le Ghost Writer... Néanmoins, un regard objectif sur
Le Pianiste est peut être aussi la "chance" de le percevoir d'une tout
autre manière.
Le film raconte l'histoire des juifs polonais
pendant la période nazie. Immersion dans une famille juive décimée par
la barbarie antisémite, on se retrouve très vite seul à seul avec l'un
d'entre eux, celui qui a survécu pour son aisance au piano et pour ses relations. Autant dire que le film propose de survivre avec Adrian
Brody, survivre à la bêtise, à l'ignorance, à la sauvagerie... Dommage
que le film fasse lui même preuve de certaines de ces caractéristiques.
Le sujet ne pouvant souffrir d'aucune critique de part sa nature de
film-mémoire, Polanski ne force pas quant à la tenue du film. Si la
reconstitution est entièrement satisfaisante, tout, ou presque, ce qui
est le fait de la réalisation est raté : un rythme atroce, un découpage
du temps à la hache qui étale un propos entrecoupé de manière tout à fait imbuvable ( alternance calme/tension, sauts dans le temps incohérents ). En voulant faire un travail propre, scolaire,
Polanski peu à peu se mutile, rend son film incapable de toucher, incapable
d'enseigner. Le rythme saccadé, le scénario additif, la sur-abondance de tout élément pouvant catégoriser le film comme modèle du genre ( horreur, larmes, faits historiques, dates...) enlèvent
sa puissance à l'image qui ici ne bénéficie même pas de l'excuse de la froideur, de l'abrupt car n'arrivant jamais à glacer son spectateur ou à l'accrocher... Le film travestie l'horreur en habitude, sa pratique du martelage rend tous les efforts de reconstitution vains. Seule la prestation d' Adrian
Bordy ressort de ce ramassis de formes convenues. Sa fragilité naturelle, son air innocent, parfois exploité de façon opportuniste par Polanski, font que le film rejette à travers lui cette cruauté, or elle ne ressort absolument que par lui, et son omniprésence finit par la vulgariser, la muer à cette incapacité générale à faire du cinéma vivant. On pense de suite à
l'autre film de ce genre, le très surestimé Le Vent se lève de l'ami
Loach, pour moi ces deux films se répondent parfaitement, une symétrie
de la pauvreté, qui ressemble à des films de commande, fait pour une
occasion et non par pure envie de cinéma. Plus le film avance plus on s'enfonce dans la niaiserie : le soldat allemand, le costume nazi... Et on touche le fond avec cette happy end ridicule, en totale contradiction avec le message du film. Comme Le Vent se lève, comme Amen, un film de plus sur
l'histoire et surtout sur la mémoire qui s'autoproclame comme référence avant d'être étonnamment adulé.
L'échec de Polanski réside dans son rendu atone, inodore, indolore, qui frise souvent l'agacement, et qui provoque même la colère, pas celle qui voudrait que son film est réussi à nous indigner, mais bien une colère contre une exploitation d'un académisme opportuniste, inadapté voire en contraste avec son thème, finissant même par nuire à un propos pourtant plus quhonorable. Pitoyable.
Par BenLCDC
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5
Mercredi 18 mai
3
18
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/Mai
21:09
Voilà bien un des films les plus attendus de l'année, pas pour moi, mitigé sur Malick en ayant vu du très bon ( La Ligne Rouge ) et de l'essoufflement ( Le Nouveau Monde ). J'allais juste voir un film et
je suis assez étonné de voir l'ampleur que prend le débat entre les
-non pas détracteurs, ce serait un euphémisme- défonceurs du dernier
Malick et les admirateurs qui se comptent sur les doigts d'un moufle. Je
pense que le fait que certains montrent autant de rejet, et d'autres
autant d'admiration pour le film fait état d'une sorte de mythification
du mec et de ses films, véhiculé par leur rareté, qui donne l'impression
dans les joutes critiques d'un débat plus idéologique que
cinématographique. Il y a bien matière à discuter du fond, Malick
exposant ici clairement sa chrétienté, or ce qui apparaît à raison comme
un film chrétien ne l'est pas plus que dans l'idée de confronter sans
cesse le mythe avec la réalité : illusions d'hommes et de femmes qui
guidés par des traditions, par une force transcendante ( la religion ),
se heurtent à l'incompréhension d'une vie qui leur est enlevé. C'est en
ce sens que je trouve qu'on est un peu dur avec Malick, sur le fait
qu'il ait fait ou pas un film théologique. Certes il y a de ça, mais
l'injustice de cette mort, ne remet elle pas en cause la bienveillance
d'un tout puissant ? Brad Pitt ne dit il pas qu' "il ne faut pas être
trop gentil" et parfois s'écarter des règles de vies du bon prêtre ?
Autant de choses qui rendent bancal le raisonnement à partir du seul
cadre religieux, trop restrictif pour une uvre si ambitieuse, si
étoffée, qui n'a de sens que dans l'expression d'une totalité parfois
contradictoire mais qui se construit sur ces différences, différences
qui vont parfois jusqu'à menacer la cohésion de l'ensemble, mais qui
participe aussi à sa perpétuation. Le
cas le plus probant est le rapport inter-générationnel ( parents/enfants
) ici mis au premier plan, vu comme la possible déchéance de l'humanité
alors même qu'il est le fondement de sa perpétuation. C'est
évoqué avec tant de maestria est de sensibilité qu'on ne prend pas
immédiatement la mesure de la perfection de toute la partie sur la
famille. Jamais un film n'avait saisi
avec autant de fulgurance les conflits intérieurs sous-jacents à
l'équilibre familial. Jamais la psychologie enfantine, avec ses
angoisses et son innocence, n'avait été portée à l'écran avec une telle
aisance.
Finalement Malick n'a pas voulu montrer autre chose que le fossé qui
sépare la conception nombriliste de l'homme avec une réalité
scientifique qui tend à relativiser, voire à ridiculiser cette
conception, à travers un nombre conséquents d'images évoquant la
puissance de la nature, l'immensité de l'univers. Cependant
il est vrai que leur compilation est parfois incohérente, additive et
la puissance de l'image n'est plus employée en tant que telle mais dans
une suite du type diaporama qui en altère l'essence magnifique.
C'est donc davantage un film sur le rapport de l'homme avec ce qu'il
entoure, et par quelles méthodes il identifie, il explique ce qui
l'entoure. Comment en est on arriver à exister ? Est on luvre finale,
darwiniste ou un élément quelconque de l'univers ? Du film il faut
arracher ces questions et en le prenant comme il vient, sans se braquer
sur la lecture religieuse de façon unilatérale, on s'aperçoit que le
film arrive à créer une sorte de tout, diversifié mais faisant bloc,
cohérent parce qu'il est soumis au même processus d'évolution. De cette
explication impossible de l'origine et de la finitude, Malick nous
propose sa voie, imparfaite car humaine. Si l'articulation de la
condition humaine avec la réalité
incompréhensible de l'univers au moyen du divin est contestable, elle
n'est ici pas imposée, mais simplement donnée comme un point de vue de
l'auteur qui de toute façon à d'autre argument à faire valoir : la voie
de la grâce... Ainsi il saisit l'essence des questionnements humains, des plus évidents aux plus complexes, ils ont tous pour objet de faire valoir une construction par la question et non dans la réponse.
Par BenLCDC
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23
Jeudi 12 mai
4
12
/05
/Mai
16:18

Difficile d'aborder Essential Killing, un film qui se nourrit et établit son récit sur l'illisibilité, l'effacement des repères. Le problème est un peu le même que pour un film comme Dead man dans la manière d'appréhender le cinéma ( je sens déjà les pierres d'une future lapidation pour avoir dit ça ) où le réalisateur cherche à vider le film de références qu'elles quelles soient afin de servir une matière brute, bien que dans les deux films l'objectif ne soit pas le même : recherche de la pureté dans Dead man, exploration de l'inconnu dans Essential Killing. Mais à force d'épurer le film, de le vider (a priori) de sens, ne finit-il pas par n'avoir plus aucun intérêt ? Si l'idée est de faire parler les images, ne faut-il pas des images qui parlent ? Or le film n'arrive pas toujours à donner de l'ampleur à la photographie, ni de parvient à faire pâtir le spectateur des souffrances du personnage de Vincent Gallo. Le film est froid, inamical, primaire même, il ramène l'homme à sa condition sauvage, cest très clair avec les rencontres successives de Mohammed qui petit à petit se rapprochent d'une forme civilisée tel qu'on la conçoit aujourdhui ( jusqu'à la maison ), mais où à chaque fois il ne trouvera pas d'intérêt à rester. C'est que c'est un film sur l'errance ( sur la fuite ? ), même si elle prend parfois la forme d'une mission toutefois jamais si marquées qu'elles peuvent le paraître avec les échos à la religion musulmane pour mieux entrer dans la logique évoquée plus haut de la non-affiliation à quelques mouvements politiques, culturels, idéologiques que ce soit. Universel ou totalement inhumain, le film se murit après le visionnage, qui peut lui dérouter et décevoir, mais demande un effort d'ouverture assez conséquent qui peut paraître désagréable d'autant plus que la réalisation de Skolimowski n'aide pas vraiment à le faire avec un plaisir cinématographique certain, disons plutôt qu'on a à faire à une exploration difficile de l'existence et de la finitude.
Par BenLCDC
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5
Dimanche 17 avril
7
17
/04
/Avr
15:00
Absolument néophyte en ce qui concerne la danse, j'allais vers ce film séduit par une bande d'annonce plus que prometteuse. L'objectif de Wenders, et c'est très clair avec l'utilisation de la 3D, c'est de transcender les spectacles de Pina Bausch en hésitant pas à exploiter "triches" permises par le cinéma comme moyen de réinterpréter les danses en uvres vues sous un nouveau jour, parfois pratiquement à la première personne, ce qui aurait on peut imaginer beaucoup plu à l'esprit moderne et novateur de la danseuse allemande. Cette volonté s'exprime au mieux quand on voit un spectacle sur les trois âges de la vie ( Kontakthof ) et où la mutation ( croissance ou décroissance ) est faite en un clin d'il, je ne sais pas comment cela était à l'origine, mais la traduction filmée de Wenders, libérée et libertine, nous ramène à la magie primaire du cinéma, à sa vocation de saisir la simplicité pour en faire un élément artistique. Outre cette réussite, il faut souligner la force des scènes d'extérieur, tout en contraste, en provocation même, qui ont une sorte de force vitale sidérante et géniale. Dommage alors que tout ne soit pas du même ordre, je me suis ennuyé sur l'ensemble et n'ai guère apprécié Café Müller, aussi je dois l'avouer j'ai eu du mal à saisir la signification précise des spectacles malgré qu'on puisse y voir une mise en valeur par la souffrance et l'expiation des corps, une sorte de chemin de croix ( Le sacre du printemps ) qui tend toujours à maximiser le potentiel des danseurs jusqu'à un franchissement de leurs limites. Une danse parfois animale, en transe assez plaisante mais sans cesse interrompue par des mini-témoignages à la sauce élogieuse qui confirme l'aspect très répétitif du film comme celui des chorégraphies de Pina pas toujours inspirée et trop artificielles, maniérées. En tant que noob total je vais garder mes critiques sur la danse pour moi et me contenter de juger le film. Très bon dans l'exploitation de la matière première et dans sa retransmission filmée -Wenders fait littéralement vivre le spectacle- mais peinant à trouver une trame conductrice fusse-t-elle un embrasement désordonné vers le sacrifice ultime du corps pour la danse, un truc complètement fou, mais qui aurait certainement fait plus plaisir à la défunte danseuse, qui sans se retourner dans sa tombe, doit se demander qu'est ce que vont faire ses petits protégés perdus sans elle...
Par BenLCDC
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5
Mardi 12 avril
2
12
/04
/Avr
16:35
La satire, la parodie ont toujours eu bonne presse. Or ce style qui paraissant presque inattaquable du fait d'être volontairement ridicule, exagéré, lourd... trouve ici d'inacceptable limites. Le fait d'être caustique n'excuse pas une médiocrité intrinsèque car on se rend vite compte qu'elle est bien involontaire, alors qu'au contraire lorsqu'elle réussi à devenir cohérente et drôle c'est la preuve d'une maestria, d'une finesse d'esprit, ce qui n'est absolument pas le cas de Philibert. Le calquage sur OSS 117 est troublant, gênant même, et le reproche est à faire en premier lieu aux producteurs qui ont fait preuve d'un vrai manque d'envie; les similitudes innombrables, retranscrites dans le contexte desservent le film et en font le vague pastiche d'un pastiche qui ne survit pas au changement d'époque et à une écriture médiocre. Car si Philibert réserve quelques gags drôles dans l'absolu, ils manquent d'inspiration pour la grande majorité et ne s'inscrivent pas dans une continuité scénaristique ou dans un certain contexte historique qui faisait tout le génie des deux volets d'OSS 117. La non-cohérence créée qui pourrait être volontaire, spécialité "de Les Nuls", est ici vraiment dommageable car elle alourdit un rythme déjà souffrant de gags mal introduits, parfois inutiles et souvent peu drôles. Fusée n'a pas le savoir faire d'un Hazanavicius qui faisait sien chaque détail, chaque mot et lui donnait un potentiel comique hors norme, ici les gags ne vont pas au delà de la boutade très peu inspirée qui finit par être franchement radoteuse. Aussi Jérémie Renier, bien que pas nullissime, souffre de la comparaison avec Jean Dujardin, inégalable dans ce type de rôle central idiot et envahissant. Les quelques bonnes trouvailles ( tout le rapport à l'artichaut, au sanglier ou au Turc, personnage le mieux exploité, tout cela peut sembler fou sans avoir vu le film ), ne permettent pas au film de se démarquer, de trouver sa propre identité comique, son fil conducteur qui aurait pu donner au film un peu d'épaisseur, car pour une comédie légère on peut difficilement faire plus anorexique.
Par BenLCDC
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